Valerie Winckler...

GRANDIR

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MATERNELLES

Je suis venue à la photographie par révolte contre la photo de classe. Mes enfants me rapportaient régulièrement des photos réalisées sur un fond identique pour tous, les cheveux bouclés soigneusement plaqués encadrant un sourire timide et convenu.

Alors un jour, j’ai emprunté un appareil à objectifs interchangeables et, munie des connaissances d’un amateur très moyen, j’ai passé une après-midi dans une classe de maternelle. Ce fut pour moi le coup de foudre…

C’est ainsi que j’ai démarré la photo sur le tas et que les Maternelles ont été mon premier sujet.

ANNÉES COLLÈGE

Pendant 4 ans, de 1992 à 1995, j’ai suivi des élèves du Collège de Ville d’Avray et du Collège Marx Dormoy. De la 6ème à la 3ème, je les ai photographiés dans leurs activités et j’ai réalisé leur portrait enregistrant ensuite leurs réactions et leurs visions de l’adolescence et de l’avenir. J’ai travaillé aussi en collaboration avec les professeurs, organisé un regard croisé entre les deux collèges ainsi qu’un atelier mime animé par Elena Serra, assistante du mime Marceau.

J’ai toujours été frappée par cette période de transition où ils semblent hésiter entre l’enfance et l’adolescence : leur corps perd de sa légèreté, il change, il les encombre. Ils ne savent plus quoi faire et ils cherchent une contenance face au regard des autres.

C’est l’âge des décalages : entre les jeunes du même âge, entre les garçons et les filles….

C’est l’âge des contrastes avec des jeux d’enfants dans un corps de jeune fille, avec des rêves d’adolescents dans une tête poupine.

Les voix des garçons balancent entre les aigus et les graves, les corps entre maladresse et grâce.

Ce passage est fait d’hésitations, de retours en arrière, d’envols et de craintes.